Les Indices pour les Nuls

  • Pouvez vous nous rappeler depuis quand les indices sont publiés et en quoi ils répondaient à une attente des éleveurs et utilisateurs ?

L’indice de performance (IRE) est publié depuis 2006, l’indice génétique (ou BRE) est publié depuis 2012. Ils répondent à une demande de l’ACA et ont permis notamment, la mise en place de la PACE endurance. Les Haras Nationaux ont accordé les moyens nécessaires et ils ont coordonné la mise en place d’un partenariat ACA /HN/ INRA.

 

  • Comment le système fonctionne-t-il ? Qui décide du cadre et de la méthodologie, qui exécute les calculs, quelles bases de données sont utilisées, comment cette recherche est-elle financée, qui contrôle et peut « corriger le tir » ?

L’ACA a mis en place un groupe de travail (les  membres d’origine en étaient Yves Richardier, Christian Quet, Patrice Collet, Lydie Lemmens et Christian Depuille) qui a collaboré avec l’INRA pour définir ce qu’est la performance en Endurance.

Sur la base de cette expertise, Anne Ricard (ingénieure à l’INRA) a conçu les calculs de l’indice de performance. La base de données utilisée est celle fournie par FFEcompet et ne prend de ce fait en compte que les résultats sur les épreuves depuis 2002. Le groupe a fait le choix de ne tenir compte que des épreuves à vitesse libre, considérant que seules les grandes distances ont une signification sportive.

Depuis quelques années, la base a été enrichie par l’ACA avec les résultats des chevaux français courant en France sous selle étrangère (la FFE n’enregistre pas ces résultats).

Le groupe Indices de l’ACA valide (ou pas) les modifications et les propositions de l’INRA. Par contre on ne peut que constater qu’il a plus de mal à faire entendre ses propres suggestions maintenant que les calculs sont établis.

 

  • En quoi les indices sont ils fiables et utiles ?

L’avantage des indices est qu'ils sont synthétiques ; il est difficile pour les éleveurs aujourd’hui de suivre tous les résultats et de comparer l’ensemble des chevaux et des géniteurs entre eux. Les indices tiennent compte du plateau d’une course, des écarts entre les chevaux, et aussi des éliminations … ce qui est beaucoup plus subtil que la simple lecture du classement.

 

Une partie des critiques que l’on perçoit vient de l’appréciation subjective que les éleveurs ont de leurs chevaux et de la non compréhension de l’outil : prenons l’exemple d’un cheval qui serait indicé sur performance à 110 en ayant 2 classements sur 120 km ( 17ème et 10ème) et 2 classements sur 90 km vitesse libre (5ème et 8ème). Le propriétaire de ce cheval va souvent trouver son cheval « mal payé » car il n’a pas d’élimination et il a bien rempli son contrat (son but n’était pas forcément de finir premier mais plutôt de faire des qualifications « propres »).

Néanmoins, cet indice est objectivement assez valable puisqu’on compare des chevaux ayant couru en vitesse libre avec des valeurs d’indice comprise en gros entre 60 pour les plus faibles et 170 pour les meilleurs. L’indice est établi de telle sorte que la population soit répartie selon une courbe de Gauss avec la majorité des individus à proximité de la moyenne (définie aux alentours de 100), les extrêmes étant plus rares. Avec 110 d’indice, ce cheval est un bon cheval, mais pas (encore) un crack.  

 

  • Quels en sont les points faibles identifiés ?

On peut en distinguer de 3 natures différentes :

Les limites propres à tout indice : un indice ne mesure que ce qui est : un indice ne peut traiter que des données objectives. Par exemple le classement d’un cheval ne dit pas si le cheval a atteint ses limites physiologiques pour boucler une épreuve ou s’il a fini avec facilité.

 

Les limites de la démarche pour l’Endurance : des indices synthétiques en endurance sont une gageure car la performance dépend de très nombreux critères. Certains effets sont corrigés dans le calcul par l’INRA (l’effet sexe par exemple). D’autres ne le sont pas : ainsi l’effet cavalier est considérable, à tel point  qu’une correction du calcul nivellerait presque complètement la population, ne permettant plus (d’après l’INRA) de distinguer clairement des bons et des moins bons !

 

Le choix fait dès le départ par les représentants des éleveurs de ne comparer entre eux que les chevaux concourant

en vitesse libre induit aussi des conséquences : le « mauvais » cheval doté d’un IRE 72 est un cheval qui s’est dans les faits, qualifié avec succès sur une 80 km vitesse imposée. N’aurait-on pas dû introduire les résultats en vitesse imposée pour hiérarchiser les chevaux à partir de celui qui n’arrive pas à finir une 20 km et qui serait alors celui qui aurait un IRE 70.?

Je pense aujourd’hui que les valeurs attribuées seraient mieux acceptées.

Si on reprend l’exemple du cheval avec ses classements en 80 et 120 km, il aurait alors probablement un IRE 125 uniquement parce qu’il  serait comparé à une population plus importante et plus hétérogène. De plus cette logique aurait permis de faire ressortir dans l’indice génétique des reproducteurs dont les produits se qualifient difficilement à petit niveau ce qui constitue aussi une information sur la qualité et la régularité d’une production.

 

Les vrais défauts propres à  nos indices : le groupe de l’ACA a identifié et signalé plusieurs vices de forme. Dans des simulations que l’INRA nous fournit, certains chevaux présentent des indices de carrière différents selon des modes de calcul censés être identiques, ce qui renforce le doute sur l’existence de vrais bugs dans le système. Surtout, l’INRA a fait le choix contre l’avis du groupe , de prendre en compte la distance des épreuves courues par un cheval et non la distance des épreuves finies. Certains chevaux trouvent donc un « bénéfice » relatif dans leurs éliminations. Pour tous ceux qui connaissent la discipline, cela constitue une trahison de l’esprit de l’endurance, mais pour des raisons purement liées aux règles obscures de la science statistique, l’INRA ne veut pas céder sur ce point, à  tort.

 

  • Quelles améliorations sont envisagées ?

 Celles qui relèvent du point précédent seraient les bienvenues à nos yeux. Plus généralement l’INRA propose une nouvelle approche et un nouveau mode de calcul qui va plutôt dans le bon sens, mais en restant bloqué sur la prise en compte de la distance courue.

 

  • Quid de la prise en compte des performances des chevaux français à l’étranger réclamée par de nombreux éleveurs depuis plusieurs années ?

L’ACA a mis en œuvre tous les moyens nécessaires à la collecte des résultats des chevaux français à l’étranger depuis 2005 . L’INRA a étudié ces résultats et nous a proposé des simulations mais nous voudrions réellement obtenir gain de cause sur le problème de la distance avant de les valider sinon le calcul restera en l’état avec cette grosse imperfection. De plus le CA  de l’ACA a décidé de ne pas tenir compte des résultats du Groupe 7 de la FEI (en gros les pays du Moyen Orient) en raison des dérives qui y ont eu cours (dopage, trucage des épreuves…) rendant les résultats discutables sur le plan sportif et donc aussi sur le plan de l’information génétique. Il est clair que cela prive les éleveurs français des résultats du principal circuit d’exportation de leur chevaux ; pour Anne Ricard, ces épreuves seraient de toute façon difficiles à introduire dans le calcul car fondamentalement différentes des autres données (vitesses élevées et très gros pourcentage d’élimination).

 

  • D’autres outils sont ils disponibles pour compléter ces indices ou croiser des informations ?

 

Tout le monde connait le  « système des étoiles » mis en place par le CNREE et l’ACA il y a 25 ans qui a rendu de fiers services. Plus récemment les chercheurs de Gen Endurance ont relevé la forte héritabilité de la récupération cardiaque. Un travail démarre actuellement pour mettre en place des indices spécifiques  à cet aspect de la performance. Ils pourraient permettre à terme d’objectiver la capacité d’amélioration du cardiaque chez un reproducteur. 

On sait que l'endurance à haut niveau est une synergie de multiples facteurs : la génétique mais également l'entrainement, les qualités du cavalier, la gestion de course, la ferrure, l'alimentation, l'assistance etc.Quelle place réserver aux indices parmi ces éléments essentiels au succès ?

 

Une génétique de qualité est devenue nécessaire, mais pas forcément suffisante dans l’Endurance de haut niveau qui est devenue un sport extrêmement exigeant.

 

Pour l’ACA des indices fiables sont essentiels pour mener à bien une politique d’amélioration ; mais les indices sont aussi des outils mis au service des éleveurs afin qu’ils puissent les intégrer dans leur  sélection. La valeur  d’un indice est toujours accompagnée d’un coefficient de détermination entre parenthèses : plus  il est proche  de 1, plus la valeur de  l’indice a de chance de correspondre à la réalité statistique ; plus il est proche de 0 et plus la marge d’erreur est grande. La valeur d’un  cheval ne doit donc pas se fonder sur ces seuls indices, et ils ne renseignent pas sur ce qui fait d’un cheval un améliorateur : est-ce sa solidité, ou bien  son cardiaque, ou le déplacement qu’il transmet ? Un étalon doté d’un BRE moyen peut se révélé un meilleur améliorateur pour une jument donnée parce qu’elle a un défaut spécifique.

La connaissance de son cheptel et l’intuition de l’éleveur restent (heureusement) irremplaçables. 


 

 

 

Tags : Endurance

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